mercredi 22 avril 2009

Les Gens Bien apprécient : L'originalité


Les Gens Bien apprécient : le Queer Cinema

Durant les années 90, une bonne partie du cinéma de la marge trouve son inspiration parmi les minorités sexuelles. Films gays et lesbiens se trouvent alors projeté sur le devant de la scène. L'occasion de revenir sur le tout Queer!

Queer? New Queer Cinema? Késako? Si je vous dis Poison de Todd Haynes (1991)... Non? Rien?... Ou My Own Private Idaho de Gus Van Sant (1991)? Toujours rien? Et avec The Living End (1992) ou Totally F****ed up (1993) de Gregg Araki? Rien de rien? Bon, je vais vous éclairer.
Le dénominateur commun de ces films, réalisés au tournant des années 90, est l'apparition d'un nouveau concept. Ils endossent l'habit de porte-parole des minorités sexuelles, le New Queer Cinema, en gros!

C'est en 1992, que B. Ruby Rich, critique de cinéma et par ailleurs militante féministe et lesbienne, proposait de regrouper tout ces artistes sous l'étiquette de New Queer Cinema.

Un cinéma ouvertement gay

Alors que les années quatre-vingt voient l'émergence d'un cinéma américain alternatif, l'apparition du grand Jim Jarmusch et la création de la grande messe du cinéma indépendant sur les pistes de l'Idaho (le Festival de Sundace). La décennie des 90's rime avec l'arrivée d'une génération de cinéastes ouvertement gays, dont les oeuvres suscitent l'attention parmis les esprits éclairés. De cette génération décomplexée, se distinguent particulièrement Stephen Frears ou James Ivory. On est en plein dans le New Queer Cinema.

Quelques médias déclarent comme déterminante, l'attribution du grand Prix du jury de Sundance au film Poison en 1991. Simultanément, un circuit de festivals gays et lesbiens voit le jour, en grande partie grâce à la productrice Christine Vachon (immense figure du cinéma indépendant US). A elle seule, elle produira Haynes, mais aussi Shortbus (2006), de James Cameron Mitchell, ou encore Boys Don't Cry et j'en passe...

Le Queer tout-court!

Selon un site bien informé, la naissance du Queer remonte à 1947 et un film gratiné. Fireworks de Kenneth Anger, contourne le code Hays pour la première fois (code de moralisation du cinéma hollywoodien qui interdisait alors la représentation et même l'évocation de l'homosexualité). Une histoire de marins, de pissoires et d'éjaculations, signerait l'acte de naissance du Queer Cinema, prometteur!

Ils renversent les normes

Hurlant face à la domination hétéro, les cinéastes New Queer pensent également à la renverser. Pour cela, ils créent leur propre discours filmique, ouvrant sur de larges expérimentations et transgressions esthétiques.
La philosophe Judith Butler (une des têtes pensantes du mouvement) y reconnaît ce bouleversement des normes dans le film Boys Don't Cry (Kimberly Peirce, 1999). Cette production, qui voit Chloë Sevigny s'envoyer en l'air avec Hillary Swank, révélera par ailleurs cette dernière au monde entier. Quelle ironie! Judith Butler disait donc sur cette production transgenre : "Dirons-nous que Teena Brandon/ Brandon Teena avait des relations sexuelles straight avec sa petite amie? Ou s'agissait-il de rapports lesbiens? Mon sentiment est que leur sexualité met cette distinction en crise (...). D'une certaine façon, l'anatomie de Brandon est mise hors jeu (du moins certaines de ses parties), mais pourtant un corps est bien mis en jeu. Nous avons la poitrine bandée, le vagin qui n'est pas accessible, le godemiché qui entre et qui est, pourrions-nous dire, une sorte d'extension fantasmatique du corps - tout cela semble former une sexualité très masculine; mais sont aussi en jeu les lèvres, les bras, les cuisses et de nombreuses autres parties du corps. Il serait bien difficile pour nous de répondre à la question de savoir s'il s'agit de sexe gay ou straight." (extrait de Humain, inhumain - Judith Butler, 2005).

Le Queer Cinema, c'est un peu tout ça!

Tiens, ça me rappelle Elephant (2003). Cette année-là, Gus Van Sant gagnait la Palme d'Or à Cannes avec cette superbe production. L'ami Gus, signait-là un film totalement queer. Deux garçons qui s'aiment beaucoup sous la douche et qui finisse par tuer la moitié d'un lycée. Conserver l'unique inspiration de la tuerie de Columbia, comme message principal du film, mais passer à côté de la référence serait trop énorme... Mince... J'allais oublier Psycho (inspiré film La Corde d'Hitchcock) et sa scène de branlette (suggérée), ouch... sale film.
Gus Van Sant n'a jamais caché ses préférences sexuelles, mais ne s'est jamais affiché en porte-parole de son mouvement. Du récent Milk au plus ancien Mala Noche, sans oublier Paranoid Park, tous porte la marque queer! Si, si! Andy Warhol, que l'on ne présente plus, fût un des précurseurs du mouvement!

Le cas Gregg Araki!

Les productions d'Araki sont marqués par sa dénonciation du "génocide" qu'est le sida. De même, il opte joyeusement pour Tom Cruise, le Rock Hudson (acteur homo célèbre, également connu pour avoir la plus grande trique de l'ère Kennedy) des années 90, un geste peut-être un peu précipité, connaissant la destinée de celui qui est désormais porte-drapeau des scientologues.
Pour se faire une idée du style du monsieur, le plus grand nombre s'accorde à considérer Totally F****ed up, comme son oeuvre phare! En résumé, le film offre un aperçu clair du style d'Araki. Film modeste, il s'impose comme un homo movie et saisit à merveille le désespoir émouvant des personnages, qui ne font rien d'autre que glander et regarder leur bouffe pourrir. L'entame du film laisse présager d'une sale fin, puisqu'il s'ouvre sur un article de journal traitant du suicide des jeunes homos...

N'hésitez pas à vous jeter sur ces chefs-d'oeuvres!


Y.

vendredi 17 avril 2009

Les Gens Bien voyagent : Paris











lundi 16 février 2009

Les Gens Bien en parlent


samedi 14 février 2009

Les Gens Bien regrettent : La crise économique

Le rire pour oublier la crise

> Crise économique oblige, la majorité des producteurs misent sur la comédie pour noyer la déprime ambiante.

Journaux, télévisions, radio, elle est partout. Elle? La crise économique. Il est temps d'oublier les sempiternelles banqueroutes, les licenciements quotidiens, le moral dans les chaussettes. Hollywood s'en charge, nos voisins français aussi...

Lundi dernier, le comique "caféïnomane" Bruno Solo était à la télé pour proposer sa dernière production, le Séminaire, comédie sociale du fameux programme court Caméra Café (sortie cette semaine sur les écrans de l'Hexagone). "
Notre film, c'est un film anticrise" promet Solo. L'argument est opportuniste, le Séminaire ayant été écrit, conçu et produit bien avant le tsunami qui s'est abattu sur les places financières.

Crise de rires

Les compères Solo et Le Bolloc'h ne sont pas les seuls à faire offices d'amuseurs publics. Un rapide survol du calendrier des sorties d'ici au printemps suffit à se convaincre que les spectateurs ayant une féroce envie de se défouler seront ravis.
Danièle Thompson revient avec
Le Code a changé. Cyprien transposera pour la première fois le personnage inventé par Elie Semoun sur grand écran. En mars, Chouchou-bis signera le retour de Gad Elmaleh dans la peau de Coco. Double récidive en avril, avec Erreur de la banque de l'équipe de La vérité si je mens et Rio ne répond plus de l'inusable OSS 117. Et on ne parle que des poids lourds attendus au firmament du box-office francophone. 
Leur maître à tous restera
Bienvenue chez les Ch'tis et ses millions d'entrées. Alors que tous les indicateurs le promettaient à un nauffrage digne du Titanic (qu'il a dépassé au box-office), le film sortit bien avant la crise est un illustre exemple de ce qui risque d'être l'affiche de nombreux cinémas ces prochains mois. Comédie gentillette et simplette, humour franchouillard, histoire de petites gens... Les cinéphiles avertis n'ont pas fini de regretter les années de prospérité économique.

Du côté de Hollywood, on réduit la voilure...

Le retour de la comédie est également grandissant à Hollywood. Un producteur témoignait dernièrement dans le magazine Variety, "
Avec la crise, l'argent facile qui s'est déversé sur Hollywood ces dernières années s'est tari. On en connaît déjà le premier effet : moins de films...".
On imagine déjà la suite, le retour des deux genres chéris des producteurs : le film comique et le film policier, pas chers et populaires auprès du public, donc facile à rentabiliser. Fini les blockbusters avec des montagnes d'effets spéciaux, la suite de
Narnia en est une des premières victimes.

Le précédent des années 30

Au lendemain de la crise de 29, les scénaristes sont priés d'être loquaces sur l'actualité du moment : la crise et ses milliers de victimes au chômage. Les cinéastes du moment pratiquent deux philosophies, d'une part, le film social à tendance documentaire et d'autre part, la comédie légère. Dans le premier registre,
Les Raisins de la colère (1940) de John Ford en est l'archétype : la vie d'une famille ruinée par les banques et jetée sur les routes. Dans le second registre, on citera les productions de Ernst Lubitsch, actif dans les déconnades en tout genre, et de l'increvable Frank Capra (cf. La vie est belle, 1947), référence en matière de drôlerie.
Dans les chaleurs de l'été 1942 sort
Les Voyages de Sullivan de Preston Sturges. John Sullivan, réalisateur de comédie un peu barré, se déguise en vagabond, afin de visiter l'Amérique de la dèche. D'une efficacité comique remarquable, qui ne néglige pas la situation de la population.


Y.

mardi 10 février 2009

Les Gens Bien en parlent


Les Gens Bien regardent : Sundance ’09, entre crise et espoir



La 25ème édition du Festival du film indépendant américain s’est close le 25 janvier dernier, retour sur l’événement.

Park City. Utah. Etats-Unis. Entamée en 1985, l’histoire du Festival de Sundance tient autant du conte de fée que du cauchemar. Dès ses débuts, le festival peine à susciter l’intérêt, son créateur, Robert Redford se heurtant à différents problèmes artistiques et financiers. Mais, au fil des années, des réalisateurs comme Quentin Tarantino, Steven Soderbergh ou Jim Jarmusch y ont fait leur premier pas et ce festival peut se targuer d’être un véritable vivier de jeunes talents.

Le Sundance Festival a réuni du 15 au 25 janvier producteurs, journalistes et personnalités du cinéma autour d’une sélection de 118 long-métrages dont 91 premières mondiales. Entre l’investiture de Barack Obama et la crise économique actuelle, le festival s’est déroulé dans une ambiance morose, l’avenir du cinéma indépendant étant très incertain. Geoffrey Gilmore, Président du festival, rassure, « les candidatures au Sundance n’ayant jamais été aussi élevées ».

Ceux qu’il faut retenir !

Push, de Lee Daniels, avec Mariah Carey en travailleuse sociale et Lenny Kravitz, favori avant sa récompense, s’est vu décerner le grand prix du jury, ainsi que le prix du public. Il raconte l’histoire rédemptrice de Precious Jones, adolescente de Harlem à qui rien ne sourit. Elle arrive avec créativité, humour et férocité à surmonter les obstacles et trouver sa propre voie.
Côté documentaire, le grand vainqueur est We Live in Public de Ondi Timoner – déjà primée en 2004 pour le son rockumentary autour de Dandy Warhols et Brian Jonestown Massacre. La sélection internationale a quant à elle récompensé une comédie dramatique chilienne, The Maid (La Nana) de Sébastien Silva, et un documentaire britannique, Rough Aunties dirigé par Kim Longinotto sur les enfants de Durban en Afrique du Sud.

> Pour plus d’infos :
http://festival.sundance.org/2009


Y.